Avant de se lancer dans la matière, une prise de recul me semble nécessaire. Car en réalité, une Tiny house, c’est quoi ?

Voici un document, une trace écrite du projet ; une prise de recul sous forme de « beau livre » sur le travail réalisé.

     Pour moi, une Tiny House est une micro maison correspondant à un mode de vie, une alternative à l’habitat classique, conventionnel, ou l’innovation atteint doucement ses limites. En matière d’habitat, on trouve aujourd’hui beaucoup  de différents styles de maisons, qu’elles soient petites ou grandes, esthétiques ou peu commodes, dans les arbres, sur l’eau, ou encore mobiles. Le concept des Tiny House, en plus d’être un habitat sûr et confortable, offre également l’avantage exceptionnel de pouvoir se déplacer la ou bon nous semble, tout en emportant avec soi sa maison, son chez soi fonctionnel. Qui na jamais rêvé un jour de pouvoir déménager avec sa maison au gré de ses envies, découvrant ainsi de nouvelles destinations, tant convoitées? Non, une Tiny House possède surement des limites, mais de ce point de vue, nul ne peut rêver mieux !

     Dans un contexte scolaire, j’en suis arrivée un jour à me poser la question d’un travail individuel, une sorte de défi, mené à bien par chacun d’entre nous durant une année. En le restituant dans son contexte, ce projet d’élève entre dans le cursus scolaire d’une école Waldorf-Steiner. Ce travail est la concrétisation d’une recherche, d’un apprentissage, de la fabrication d’un objet, artistique ou autre assumée en autonomie par les élèves tout au long de l’année scolaire, qui représente l’aboutissement du processus d’éveil de l’individualité, à la fin du processus d’apprentissage scolaire secondaire. De par son ampleur, ce projet entre donc en partie dans ce travail d’année scolaire; à savoir, la partie technique-conceptuel avant construction.

     A la recherche d’idées, j’en suis rapidement arrivé à découvrir le concept des Tiny House, auquel j’ai tout de suite accroché.
L’idée de construire moi même une de ces petites maisons mobiles, encore quasiment inconnues en France à ce moment là, m’a  beaucoup plu.  Je me suis documenté sur le sujet, que je ne connaissait pas, ou très peu et j’ai fini par me rendre compte qu’un réel mouvement se cachait derrière le concept: « The small house movement ».
Venu d’Amérique, le mouvement s’est développé au cours de la crise financière de 2007-8 suite à des besoins urgents de maisons, à des frais de fonctionnement réduits. Ce mouvement va aujourd’hui à l’encontre des maisons « toujours plus grandes » que l’on retrouve un peu partout dans le monde.

     Ma documentation se faisant principalement en anglais, du fait du manque de références françaises, il m’a fallu un certain temps pour voir plus clair, entre la conversion des dimensions, et l’adaptation à la législation française. Durant l’été 2015, je me suis penché sur les différentes possibilités de construction pouvant s’adapter au cadre scolaire (au début), les différents styles d’architecture, les éléments techniques, les différents matériaux adaptés…

     Une Tiny House se distingue d’une grande maison par sa qualité de vie, d’où le slogan « less house, more home », ce qui permet de se concentrer sur l’essentiel, sans avoir à souscrire à un emprunt bancaire sur des dizaines d’années, ni à consacrer des heures et des heures à l’entretien de sa maison. On peut alors plus facilement s’ouvrir sur une vie extérieure, tournée vers le monde, la société, et se concentrer ainsi sur ses activités, ses passions…

     Regroupant tout le confort et la qualité de ses semblables, une Tiny est construite de bois, sélectionné pour sa qualité et son poids, pour former une ossature solide et légère fixée directement sur un grand essieu de remorque. Les murs de la maison se complètent d’un isolant écologique, d’un bardage bois en red cedar, et de différents films plastiques, permettant l’étanchéité à l’air et à la vapeur d’eau de la maison. On retrouve dans la structure les éléments fondamentaux d’une maison bois traditionnelle.

     Dans l’espace intérieur sont intégrés les éléments fonctionnels, tels qu’une cuisine équipée réduite, ne regroupant que l’essentiel (frigo, cuisson, four, évier, rangements), la salle de bain, avec une douche à réutilisation en boucle de l’eau et des toilettes sèches, les éléments techniques: VMC, réserves d’eau, tableau électrique, chauffage, ainsi que la partie confort, dotée d’un grand canapé et d’un système hifi et vidéo par projection. A l’étage, la mezzanine, regroupant le lit double place, et différents rangements.

     Suite à mes nombreuses recherches, j’en suis arrivé à la conclusion que ce travail me semblait réalisable, avec toutefois des soutiens professionnels importants. La première étape fût donc de trouver des professionnels disponibles et prêts à prêts à me soutenir par un soutien technique durant la construction. Au bout de quelques semaines, j’ai réunis autour de moi une petite équipe, composés d’un menuisier, d’un charpentier-couvreur, d’un professionnel en communication, puis plus tard d’un électricien et d’un architecte. Le projet lancé, il m’a ensuite fallu imaginer la maison en fonction de mes besoins futurs. Je voulais que ma démarche soit axé sur l’innovation dans le confort et la fonctionnalité, démontrant qu’il était possible de vivre bien et confortablement dans un espace réduit et repensé. Au début, j’ai longuement pensé à acheter les plans complets d’un constructeur canadien, puis je me suis dit que ce serait beaucoup plus intéressant d’imaginer la maison moi même.

     Je voulais également  que ma démarche soit tournée vers l’innovation dans les techniques de construction, en sélectionnant des matériaux de qualité, mais aussi dans le choix des équipements de la maison, ce qui induit de penser chaque espace, en fonction des besoins, en se posant la question de l’utilité de chaque espace, de chaque objet, sans pour autant se priver du nécessaire, pouvant ainsi garder un confort de vie.

     Suite à de nombreuses réflexions, l’idée d’acheter ces plans d’une autre personne ne m’a pas semblé une bonne solution, car chacun perçoit l’espace de vie et ses besoins essentiels différemment, ce qui me laisserait pas la possibilité d’imaginer au mieux la maison selon mes envies et mes besoins.

     De ce fait, dès la fin de l’été 2015 j’ai commencé à modéliser mes premières idées, à dessiner les volumes sur SketchUp, un logiciel gratuit qui permet une première approche intuitive du dessin logiciel en 3 dimensions. J’ai eu la chance de pouvoir m’entretenir avec une architecte, qui m’a conseillé dans le ressenti de l’espace, ce qui m’a permis de me rendre compte de mes premières erreurs et de les intégrer par la suite à mes nouveaux essais.

     Imaginer un micro espace nécessite de plonger dans un autre monde, de repenser chaque partie, chaque meuble, de tout mesurer autour de soi pour se représenter le rendu abstrait, qui sur logiciel, demande une certaine flexibilité de la pensée.

     Ce premier essai fut inspiré de mes nombreuses recherches sur internet, de l’autre côté de l’atlantique. Deux pans de toit, un chien assis, une porte et quelques fenêtres. Rien de bien compliqué. Néanmoins, ça ne collait pas réellement avec ce que j’imaginais de mieux, et surtout, cette disposition n’intégrait pas une partie essentielle que je voulais faire apparaitre, à savoir: l’autonomie énergétique.

     Dès le mois de novembre 2015, j’ai contacté Thomas Weulersse, un architecte de pointe dans le domaine de la construction passive pour me permettre un retour technique  et de faisabilité d’un professionnel dans le domaine architectural.

     Essayer de réfléchir comment on peut faire avec toujours moins. On vit dans une société ou l’on recherche toujours. L’objectif de ce projet est d’essayer de faire avec toujours moins, en essayant de mutualiser les fonctions, de simplifier la technicité. C’est dans cette optique que Thomas s’intégrait parfaitement au projet, car il travaille lui même sur des projets lui amenant à se poser ces mêmes questions.

     Au cours de nos entretiens, j’ai pu voir avec Thomas comment se représenter les espaces, comment apprendre à l’optimiser, tout en gardant une esthéticité dans les formes globales de la structure. Dans un tel espace, ou chaque centimètre est compté, il est nécessaire de trouver une double utilité aux éléments, pour ne pas perdre de la place.

     Côté menuiserie, je me suis rapidement tourné vers Hubert Defrasne, professionnel dans le secteur du bois. Il a tout de suite accepté de me suivre dans ce projet, en me donnant des conseils techniques, les commandes de bois, et l’usinage des pièces. Possédant de nombreuses grosses machines, ce sera idéal pour la création des fenêtres et portes, entre autre.

 

Ce texte n’est que le tout début de mon projet ! Je le poursuivrai quand j’aurai plus de temps à y consacrer !